{"id":953,"date":"2020-04-17T08:10:53","date_gmt":"2020-04-17T08:10:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jeanlouiscianni.com\/?p=953"},"modified":"2020-04-17T09:51:23","modified_gmt":"2020-04-17T09:51:23","slug":"chronique-dun-deconfinement-jour32-vendredi-17-avril","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jeanlouiscianni.com\/?p=953","title":{"rendered":"CHRONIQUE D&rsquo;UN DECONFINEMENT (Jour32\/ vendredi 17 avril)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Enfance <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui ma petite-fille a quatre ans. Et mes pens\u00e9es confin\u00e9es s\u2019envolent vers elle, qui habite si loin. Me voici cern\u00e9 par des visages d\u2019enfants, enroul\u00e9 dans une ronde bruyante et tonique. Me voici au centre du cercle clair, chaleureux et mobile de ma propre enfance.<\/p>\n<p>Ce virus qui nous inqui\u00e8te et nous terrasse pr\u00e9sente un trait positif. Globalement, il \u00e9pargne l\u2019enfance. Ce n\u2019est pas le cas de toutes les catastrophes ni des fl\u00e9aux humains. Les nazis n\u2019ont pas eu autant de respect. Ni les g\u00e9nocidaires. Ni ceux qui s\u00e8ment la mort en Syrie ou ailleurs. Seul l\u2019homme semble avoir le sanglant privil\u00e8ge de massacrer ce qui est sacr\u00e9 en lui.<\/p>\n<p>L\u2019enfance ne dure pas longtemps et pourtant elle ne cesse d\u2019\u00eatre l\u00e0, comme la couche profonde de l\u2019\u00eatre. Son \u00e9ternit\u00e9 r\u00e9sonne dans l\u2019actualit\u00e9 de l\u2019adulte. Echos pleins de bonheurs et de d\u00e9fis relev\u00e9s, mais aussi morsures dans les recoins du temps, secrets ind\u00e9chiffrables sous un voile de souvenirs. Avec cette enfance toujours l\u00e0, nous sommes des sourciers de nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Et dans ce confinement, si nous \u00e9coutons les messages de nos sources, nous y trouvons de quoi le traverser. La capacit\u00e9 \u00e0 imaginer qui d\u00e9r\u00e9alise les murs les plus \u00e9pais. L\u2019envie de jouer qui nous lance vers les autres dans un envol de r\u00e9cr\u00e9ation. Ou bien celle qui, \u00e0 la fois solitaire et presque sans nous, nous fait bricoler des symboles pour exprimer et affronter la r\u00e9alit\u00e9. Enfants de notre enfance, nous remontons ainsi au commencement du temps. Quand il n\u2019est plus qu\u2019attente pure, ouverture lancinante, mais aussi jaillissement de curiosit\u00e9 et de surprises.<\/p>\n<p>L\u2019enfance est promesse de vie. T\u00e9nacit\u00e9 aveugle d\u2019une esp\u00e8ce \u00e0 travers la reproduction mais aussi transmission de cette flamme qui l\u2019\u00e9claire \u00e0 travers l\u2019\u00e9ducation. Fragilit\u00e9 aussi, toujours menac\u00e9e par la haine et le mal. Et il est donc heureux que le virus ait rebondi contre sa porte. Quand l\u2019enfance r\u00e9siste nous somme sauv\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas facile d\u2019\u00eatre enfant en ce moment. L\u2019\u00e9cole buissonni\u00e8re s\u2019est fix\u00e9e \u00e0 domicile. Les devoirs se font sous l\u2019\u0153il des parents. Le temps d\u2019\u00e9cran augmente qui bouzille les yeux. Les copains sont loin. Les opportunit\u00e9s de micro-conflits augmentent. L\u2019\u00e9nergie bouillonne de trop se contenir. Quand on la vit, l\u2019enfance est parfois un encha\u00eenement de drames\u2026Mais ses enseignements demeurent.<\/p>\n<p>Ma petite fille, j\u2019imagine ton regard noir et profond, ton sourire ensoleill\u00e9. Sur un sentier ind\u00e9fini que j\u2019invente dans l\u2019absence, tu mets ta menotte dans la mienne et tu m\u2019entra\u00eenes dans une danse d\u2019abeille pour butiner partout. Nous ne serons pas r\u00e9unis pour f\u00eater ton anniversaire. Mais aujourd\u2019hui, c\u2019est toi qui offres le plus beau cadeau\u00a0: l\u2019image r\u00e9g\u00e9n\u00e9rante de l\u2019enfance invaincue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Freud<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>L\u2019enfant est le p\u00e8re de l\u2019homme.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Bachelard<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>L\u2019enfance est le puits de l\u2019\u00eatre.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Saint-Exup\u00e9ry<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>On est de son enfance comme d\u2019un pays.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Winnicott<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le jeu est inh\u00e9rent \u00e0 la condition de vivre.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<p><strong>Jean Ferrat<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nul ne gu\u00e9rit de son enfance.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et Jean-Paul avec un morceau de Bach :<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.jeanlouiscianni.com\/wp-content\/uploads\/Suite-fran\u00e7aise-2.mov\">Suite fran\u00e7aise 2<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enfance &nbsp; Aujourd\u2019hui ma petite-fille a quatre ans. 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